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Actu..
Viagra®:
Attention les yeux! Les ventes
de Viagra®
semblent marquer le pas aux USA,
et n'ont pas eu l'essor espéré en Europe.
Cependant la flambée initiale aux Etats Unis a apporté
sa moisson d'accidents et d'effets secondaires indésirables.
Ainsi des troubles visuels ont été décrits.
Des dysfonctionnements rétiniens durant plus de cinq heures
avec dyschromatopsies, epinglés à lors du congrès de
l'American Academy of Ophthalmology, ont justifié la publication
d'un message en urgence par l'Administration fédérale de l'aviation
à Washington, conseillant aux pilotes d'attendre six heures au moins
après la prise du médicament, pour prendre les commandes de
leur appareil.
De plus la molécule pourrait être responsable, dans le
cadre d'anomalies microcirculatoires associées, de paralysies de la
IIIe paire cranienne épargnant la pupille.
HG(11/98)
Le sildenafil (Viagra), agit par inhibition de la phosphodiestérase
de type 5 au niveau des corps caverneux mais aurait également une
action dix fois plus faible sur la phosphodiestérase de type 6 au
niveau rétinien.
Par mesure de précaution (mais il n'existe aucune donnée
de pharmacovigilance à ce sujet), il est recommandé de ne pas
prescrire de Viagra chez les sujets atteints de rétinite pigmentaire
avec déficit génétique en phosphodiestérase
rétinienne. Cela pourrait entrainer une aggravation de la baisse
d'acuité visuelle nocturne , d'autant plus que le sildenafil est
utilisé à doses élevées.
Christine Richard 14/12/98
Source
Listesnof
Bref..Glaucomes en Italie du nord
Quatre mille deux cent quatre vingt dix sept sujets ont été examinés consécutivement. Les prévalences respectives de la pression intra-oculaire élevée, du glaucome primitif à angle ouvert, du glaucome par fermeture de l'angle, et du glaucome à pression normale, étaient de 2,1%, 1,4%, 0,6%, et 0,6% ; équivalentes aux mêmes variables relevées dans d'autres populations caucasiennes. Seuls 28 des 210 cas de glaucome ou de pression intra-oculaire élevée avaient été diagnostiqués auparavant. Ces résultats devraient inciter à une vigilance accrue afin que le dépistage et le traitement de la maladie soient plus précoces.
Bonomi L., Marchini G., Marraffa M., Bernardi P., De Franco I, Perffeti S., Varotto A., Tenna V. Prevalence of Glaucome and Intraocular Pressure Distribution in a Defined Population-The Egna-Neumarkt Study. Ophthalmology 1998;105:209-215
Actu.. Asopt® et Cosopt®. Deux nouvelles médications antiglaucomateuses ont obtenu quasi simultanément l'approbation de la FDA et sont à présent disponibles sur le marché américain.
Le
Cosopt® (Merck & Co.) est l'association
d'hypochloride de dorzolamide à une solution ophtalmique de maléate
de timolol. Le dorzolamide est un inhibiteur de l'anhydrase carbonique,
déjà commercialisé par le même laboratoire. Il
est inutile de présenter le timolol, molécule de
référence dans l'abaissement de la pression intra-oculaire,
bêta-bloqueur non sélectif. La combinaison des deux produits
est la première association de ce type
commercialisée.
Les deux médicaments agissent en diminuant
la production d'humeur aqueuse, et sont aujourd'hui fréquemment
proposés en association chez les glaucomateux insuffisamment
contrôlés par une monothérapie. Le laboratoire présente
des travaux objectivant de meilleurs résultats obtenus avec le
Cosopt®, que ceux retrouvés lors
de l'administration séparée des deux produits. L'amélioration
de l'observance induite par une posologie simplifiée est l'autre atout
de cette nouvelle drogue antiglaucomateuse. Une instillation biquotidienne
est préconisée.
Asopt® (Alcon
Lab.) apparaît au même moment sur le marché. La molécule
est le brinzolamide, également inhibiteur de l'anhydrase carbonique.
Il concurrence directement le dorzolamide, jusqu'alors seule molécule
de sa classe thérapeutique disponible en préparation topique.
Comme pour celui-ci, les dosages plus faibles que pour les préparations
orales éviteront généralement les effets systémiques
indésirables. Les études proposées par le laboratoire
montrent des résultats équivalents pour les deux produits sur
le plan de l'efficacité dans la réduction de la pression
intra-oculaire, avec une tolérance locale améliorée
pour la nouvelle préparation, probablement liée à son
pH.
Bref..La vitamine C protège le cristallin
Cette expérimentation animale a montré que l'acide ascorbique à forte concentration dans l'humeur aqueuse aurait un effet protecteur contre les altérations épithéliales du cristallin, liées a l'ADN induit par les ultras violets. Les espèces diurnes, présentent un taux de vitamine C élevé dans l'humeur aqueuse, et les animaux nocturnes une concentration plus faible. Les diurnes seraient ainsi protégés, à la lumière solaire, de l'effet cataractogène des ultraviolets. Cette hypothèse était la base de départ du travail effectué au Eye Research Institute de l'université d'Oakland à Rochester.
Reddy VN, Giblin FJ, Lin LR, Chakrapani B. The Effect of Aqueous Humor Ascorbate on Ultraviolet-B-Induced DNA Damage in Lens Epithelium. Invest Ophthalmol Vis Sci 1998;39:344-350.
Bref..Fond d'il dilaté systématique : sous l'angle du rendement
Le département ophtalmologie du Mount Sinaï Medical
Center de New York nous a proposé une étude rétrospective
évaluant les risques d'erreur ou d'omission liés à l'abandon
de l'examen systématique de la rétine après dilatation,
dans le cadre d'un bilan de routine pour réfraction.
Mille quatre vingt quatorze sujets exempts de facteurs de risque -
acuité visuelle inférieure à 0,8, myopie supérieure
à trois dioptries, pression intra-oculaire élevée ou
glaucome, chirurgie oculaire antérieure, diabète,
antécédents de déchirure rétinienne - ont
été sélectionnés.
Des anomalies à l'examen du fond d'il par ophtalmoscopie
indirecte ont été retrouvées dans 53 cas (4,84 %). Pour
trente sujets (2,74 %), cette anomalie rétinienne était
potentiellement délétère sur le plan ophtalmologique.
Pour trois d'entre eux, elle se situait au delà de l'aire d'examen
de routine à l'ophtalmoscope direct. La prévalence de
découverte était augmentée de manière importante
avec l'âge : 2,4 % avant 20 ans pour 14,8 % après 60 ans. La
gravité des lésions rencontrées était également
corrélée à l'âge : 0,8 % d'anomalies à
risque avant 20 ans pour 8,9 % après 60 ans.
Le rendement total de l'examen dilaté systématique a
été par conséquent retrouvé à 5 % environ
chez des patients asymptomatiques, décuplant avec l'âge. La
moitié était cliniquement significative et parmi eux, un
dixième seulement n'aurait pas été décelé
lors d'un bilan habituel sans dilatation. Les auteurs suggèrent sur
ces bases des modèles d'examen permettant une économie de temps
et donc un gain de productivité pour l'ophtalmologiste. De plus, existent
probablement des implications en terme de coût.
Cependant ce travail statistique pourrait refléter une
réalité incomplète. Une étude prospective
ophtalmoscopie indirecte versus ophtalmoscopie directe devrait préciser
sa fiabilité. Il convient d'être tout particulièrement
prudents en nous engageant sur cette voie : les résultats obtenus
pourraient conduire, pour les patients myopes de moins de trois dioptries,
à l'abandon de la prise en charge, sociale ou privée, de l'examen
binoculaire de la rétine périphérique, considéré
alors comme statistiquement injustifié. Or cet examen simple, bien
conduit, fera porter rarement, mais de manière non exceptionnelle,
l'indication de photocoagulation rétinienne chez un jeune myope
faible.
Pollack AL, Brodie SE. Diagnostic Yield of the Routine Dilated Fundus Examination. Ophthalmology 1998;105:382-386.
Bref..Glaucome Nouveaux traitements, premiers bilans
Des résultats a long terme concernant l'utilisation du latanoprost
sont proposés par P.G. Watson (Cambridge) et le Latanoprost Study
Group.
Deux cents vingt sept patients ont été traités
par la molécule pendant plus de 24 mois, dans le cadre d'une étude
randomisée en double aveugle de six mois (latanoprost, une fois par
jour vs timolol 0,50, deux fois par jour), puis d'une extension du
protocole de 18 mois concernant les sujets préalablement traités
par le latanoprost.
La réduction de la pression intra-oculaire (PIO) par le latanoprost
à été significative (p < 0,001) avec 8 mm
Hg en moyenne par rapport aux valeurs de base. Cette baisse s'est maintenue
durant les 24 mois sans effet secondaire systémique. Une augmentation
de la pigmentation a été retrouvée dans 51 cas.
L'efficacité de l'administration conjointe d'inhibiteurs de
l'anhydrase carbonique topiques et per os a été
évaluée dans une série de seize patients, par le service
glaucome de Chicago. La formation de l'humeur aqueuse, déterminée
par fluorophotométrie assistée par ordinateur (FHA), et la
PIO mesurée au tonomètre à air ont été
les paramètres pris en considération.
Deux protocoles ont été entrepris. Le premier (dix patients)
comportait une instillation de dorzolamide trois fois par jour dans un il
pendant une semaine, suivi de la prise de 250 mg d'acetazolamide. Les
paramètres ont été notés au départ de
l'étude, puis avant et après la prise d'acétazolamide.
La PIO et la FHA sont apparues significativement abaissées du
côté traité. Après traitement oral, elles
étaient abaissées dans l'il controlatéral, mais
inchangées du côté traité par le
dorzolamide.
Le second protocole comprenait des premières mesures après
quatre à sept jours de traitement par l'acétazolamide, puis
avant et après l'instillation d'une goutte de dorzolamide dans un
il, et enfin après quatre à sept jours de traitement
unilatéral local associé au traitement per os. Les
premières mesures ont montré une réduction significative
des deux paramètres. Cet abaissement est resté constant lors
des mesures ultérieures.
Ce second travail confirme l'inefficacité de l'association
des inhibiteurs de l'anhydrase carbonique per os à un traitement
topique de la même famille. Le dorzolamide, avec des effets
systémiques modérés, semble ainsi s'être imposé
ces dernières années comme un traitement associatif de choix
dans le cadre des bithérapies, voire en première intention
dans les contre-indications aux bêta-bloquants, pouvant apparaître
comme une alternative intéressante face aux gènes visuelles
induites par les myotiques ou aux réactions allergiques liées
à l'usage des sympathomimétiques. Le produit n'est cependant
pas dénué d'effets secondaires locaux. Précurseur dans
sa classe sous forme topique, il sera bientôt rejoint sur le marché
par des molécules de la même famille qui s'attacheront probablement
à résoudre ces inconvénients de tolérance.
Mais le latanoprost parait être en mesure de bousculer nos habitudes
médicales. Les travaux britanniques en témoignent et confirment
: la molécule est très efficace et remarquablement
dénuée d'effets secondaires à moyen terme. Seul a
été mis en évidence l'important pourcentage de variations
dans la pigmentation irienne. Aucune pathologie maculaire induite n'a
été retrouvée. Et de nouvelles prostaglandines locales
sont également attendues.
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