L'ophtalmologie a les honneurs du JAMA. Il est fort rare de voir notre spécialité ainsi distinguée dans une prestigieuse revue généraliste, bien qu'un sujet traitant de la très médiatique protéine C-réactive (PCR), marqueur systémique de l'inflammation associé au risque de maladie cardiovasculaire, soit probablement le motif de cette reconnaissance inattendue.
En effet, l'étude de la PCR de 930 participants à l’Age-Related Eye Disease Study (AREDS) a montré qu’une concentration élevée de la protéine peut également être un facteur de risque indépendant dans le développement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).
Après des clichés rétiniens standardisés, les individus sélectionnés ont été répartis entre quatre groupes selon l’aspect du fond d’œil : DMLA de stade sévère (n = 222), intermédiaire (n = 325), débutant (n = 200) ou absence d’atteinte maculaire (n = 183). Les prélèvements sanguins destinés au dosage de la PCR ont été effectués entre janvier 1996 et avril 1997.
Cette concentration est apparue plus élevée chez les malades atteints de DMLA sévère (3,4 mg/L) que dans le groupe témoin (2,7 mg/L ; P = 0,02).
Après ajustement selon plusieurs facteurs, dont l’âge, le sexe, le tabagisme et l’indice de masse corporelle, la concentration en PCR a été significativement corrélée à l’observation d’une DMLA de stade intermédiaire ou sévère.
Certains facteurs de risque sont communs aux maladies cardiovasculaires et à la DMLA, mais il n'existait pas de donnée sur une corrélation entre la PCR est le risque de développer une DMLA. Ces résultats semblent bien attester qu’un niveau élevé de PCR est un facteur de risque indépendant pour la DMLA. Ils suggèrent un mécanisme inflammatoire dans la pathogenèse de l’atteinte maculaire.
Copyright JIM HG Seddon JM, et al. Association between C-reactive protein and age-related macular degeneration. JAMA 2004;291:704-10.
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