25/07/2010 :1369 : « Pygmalion »(Ariane BavelierRameauTrisha BrownWilliam Christie) : Tout ici surgit d'entre les mailles de la musique, fait mouche et comble l'?il, l'esprit et l'oreille. Trisha Brown raconte sans dire, avec cette légèreté et cette jubilation propres à son art. Saura-t-elle le transmettre ? Elle jure d'y travailler. Dans le cadre de son programme de mentorat, Rolex lui a donné deux ans pour former un protégé.Ariane Bavelier, Légers vertiges d'amour. Le Figaro 19/07/2010.
17/07/2010 :1367 : Samedi après-midi(Jack KerouacLucien Suel) : Samedi après-midi dans les boisRocky Mt. - dans un bruyantcoupé gris le jeune pèretraverse le carrefouravec ses 4 filles empilées sur lesiège près de lui yeux écarquillés- Le magasin assoupi lesbelles pastèques disposéesau soleil, sur le béton,
Jack Kerouac, Livre des esquisses (1952-1954). Editions de La table ronde, 2010, p.32. Traduction Lucien Suel.
02/07/2010 :1366 : Divorce(Jean-Paul Dubois) : Un soir, en faisant ses courses, elle a intérrogé l'épicier chinois pour savoir si c'était pas trop gênant d'avoir les yeux bridés "vu qu'on voit moins de choses, forcément puisque la fente est plus petite". Le lendemain, je demandais le divorce.
Jean-Paul Dubois, Parfois je ris tout seul. Editions Robert Laffont, 1992, p.62.
25/06/2010 :1365 : Six semaines : Je voyais beaucoup aussi
à Chambéry un jacobin, professeur de physique, bonhomme de
moine dont j'ai oublié le nom, et qui faisait souvent de petites
expériences qui m'amusaient extrêmement. Je voulus, à
son exemple et aidé des Récréations mathématiques
d'Ozanam,
faire de l'encre de sympathie. Pour cet effet, après avoir rempli
une bouteille plus qu'à demi de chaux vive, d'orpiment et d'eau,
je la bouchai bien. L'effervescence commença presque à l'instant
très violemment. Je courus à la bouteille pour la déboucher,
mais je n'y fus pas à temps; elle me sauta au visage comme une bombe.
J'avalai de l'orpiment, de la chaux; j'en faillis mourir. Je restai
aveugle
plus de six semaines; et j'appris ainsi à ne pas me mêler
de physique expérimentale sans en savoir les éléments.Jean-Jacques Rousseau, Les confessions. Éditions Folio n°2776,1997,p.280.
06/06/2010 :1364 : Et la flamme joyeuse(Empédocle) : C'est de ces éléments que la divine Aphrodite forma les yeux infatigables. (86)Les deux yeux ne donnent qu'une seule vue.(88)Lorsque les yeux furent formés par les mains de Cypris. (95)
Empédocle d'Agrigente, De la Nature. Éditions Garnier-Flammarion, 1964, p.130.
19/05/2010 :1363 : « Détresse impensable »(Juliet) : Quand vient le moment d'aller dormir, tu peines à gravir les marches, tu n'as pas la force de te glisser dans ton lit, et tu restes là, les yeux dans le vide, affalée sur ta chaise.
Charles Juliet, Lambeaux. Ed.Folio n°2948, 2003, p.16.
18/05/2010 :1362 : Regulus(Turner) : In this work, begun in Rome in 1828, Turner returns to the theme of Carthage. Here, he recounts the fate of Marcus Atilius Regulus (d. 250 B.C.), the Roman general whose eyelids were cut off by his captors before he was exposed to the blinding rays of the sun (Regulus is the man in white in the lower right corner). Turner emphasized the narrative significance of light while reworking the canvas on the eve of the opening of the 1837 British Institution exhibition. A witness described its transformation : "The picture gradually became wonderfully effective, just the effect of brilliant sunshine absorbing everything and throwing a misty haze over every object. Standing sideways of the canvas, I saw that the sun was a lump of white standing out like the boss of a shield."
Joseph Mallord William Turner (English, 1775?1851)Regulus, exhibited 1828, reworked and exhibited 1837Oil on canvas; (89.5 cm x 123.8 cm)Tate, London, Turner Bequest, 1856
09/05/2010 :1361 : la lecture instantanée(Raoul Parienti) : Le "Top-braille", un appareil de poche permettant
la lecture instantanée en braille ou en vocal de n'importe quel texte imprimé,
a remporté le Concours Lépine 2010, ont annoncé les organisateurs de cette
manifestation en faveur de l'innovation. A partir de tout document écrit, un
livre, une revue ou une notice de médicaments, le boîtier à lecture optique
transcrit en braille pour les aveugles et mal voyants. Il est également doté
d'une fonction audio pour transformer le texte en son. L'innovation de Raoul
Parienti a été choisie à l'unanimité par les 47 membres du jury, a déclaré à
l'AFP la porte-parole du concours organisé par l'association du Concours Lépine
et accueilli chaque année par la Foire de Paris.
M. Parienti, ancien professeur de mathématiques et ingénieur
de formation, a reçu le prestigieux prix du président de la République, un vase
de la manufacture nationale de Sèvres. "Je pensais à cet appareil depuis
de nombreuses années parce que ma soeur malvoyante n'avait de cesse de demander
l'utilité d'apprendre le braille alors que très peu de documents sont écrits en
braille", a confié à l'AFP le lauréat, qui enseigne actuellement l'art de
l'innovation et de la créativité à l'université de Nice Sofia-Antipolis.
"Je suis l'inventeur, le créateur, j'ai dirigé les développements mais
c'est le travail de toute une équipe --une dizaine de personnes-- qui a permis
cette réussite technique", a-t-il ajouté.L'appareil lit actuellement sept langues: français, anglais,
espagnol, italien, allemand, portugais et hollandais.Plus de 500 inventions ont été présentées lors de cette 109e
édition du célèbre concours qui a vu naître le stylo à bille,le fer à repasser
à vapeur, le four électrique ou encore le coeur artificiel.
AFP. 08/05/2010.
30/04/2010 :1360 : L'union libre(Breton) : (...)Ma femme aux fesses de printempsAu sexe de glaïeulMa femme au sexe de placer et d'ornithorynqueMa femme au sexe d'algue et de bonbons anciensMa femme au sexe de miroirMa femme aux yeux pleins de larmesAux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantéeMa femme aux yeux de savaneMa femme aux yeux d'eau pour boire en prisonMa femme aux yeux de bois toujours sous la hacheAux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.
André Breton, Clair de terre. Editions Poésie/Gallimard n°11, 1966, p.93.
29/04/2010 :1359 : Julie et Lucile(Chateaubriand) : Je me composai donc une femme de toutes les femmes que j'avais vues : elle avait la taille, les cheveux et le sourire de l'étrangère qui m'avait pressé contre son sein ; je lui donnai les yeux de telle jeune fille du village, la fraîcheur de telle autre. Les portraits des grandes dames du temps de François Ier, de Henri IV et de Louis XIV, dont le salon était orné, m'avaient fourni d'autres traits, et j'avais dérobé des grâces jusqu'aux tableaux des Vierges suspendues dans les églises. (p.135)Au sortir de ces rêves, quand je me retrouvais un pauvre petit Breton obscur, sans gloire, sans beauté, sans talents, qui n'attirerait les regards de personne, qui passerait ignoré, qu'aucune femme n'aimerait jamais, le désespoir s'emparait de moi : je n'osais plus lever les yeux sur l'image brillante que j'avais attachée à mes pas. (p.136)
Julie était infiniment plus jolie que Lucile ; elle avait des yeux bleus caressants et des cheveux bruns à gaufrures ou à grandes ondes. Ses mains et ses bras, modèles de blancheur et de forme, ajoutaient par leurs mouvements gracieux quelque chose de plus charmant encore à sa taille charmante. Elle était brillante, animée, riait beaucoup sans affectation, et montrait en riant des dents perlées. Une foule de portraits de femmes du temps de Louis XIV ressemblaient à Julie, entre autres ceux des trois Mortemart ; mais elle avait plus d'élégance que madame de Montespan. (p.157)
François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe T1. LIvre de Poche n°1327, 1973.
27/04/2010 :1358 : L'échappatoire suprême(Robert) : Ses yeux font des aller et retour entre moi et la route. Elle veut qu'on change de place. Je refuse. Je reprends le volant des deux mains en la regardant se caresser. Je lui dis : « Vas-y, branle-toi fort.» Je dépasse des camions.
Denis Robert, Le bonheur. Editions Pocket n°11295, 2002, p.67.
18/04/2010 :1357 : Mouvement(Calaferte) : Je voudrais que tes yeux soient des choses qui me touchent la peau. (p.108)
Les yeux fermés,comme endolorie :- Je veux encore te sucer. (p.114)
Les yeux fermés, alanguie, la voix implorante :- Mets-moi de la bite, mets-moi de la bite. (p.156)
Louis Calaferte, La mécanique des femmes. Folio n°2589, 2000.
17/04/2010 :1356 : Pipe en braille ????(Lisa Murphy) :
La photographe canadienne Lisa Murphy voulait permettre aux
aveugles de percevoir le monde "très sexualisé" qui
nous entoure. Elle a
donc créé le premier livre d'érotisme pour malvoyants, recueil d'images
tactiles de corps nus accompagnées de textes suggestifs. "Je crois que les non-voyants ont été (à tort)
laissés à
l'écart de cette expérience", dit-elle encore. L'ouvrage,
"Tactical Mind (Esprit Tactile)", est fait de pages de plastique
thermoformé, le matériel qui sert à imprimer le Braille, présentant des
images de femmes et d'hommes nus dans diverses positions, portant
parfois des masques ou prenant des poses suggestives..."C'est
tellement plus facile de convaincre les gens de se déshabiller devant
un appareil photo s'ils ne peuvent pas être identifiés", fait remarquer
au sujet des masques la créatrice, qui fait elle-même partie des
modèles. Les 17 illustrations du livre sont rassemblées par une
reliure en spirale qui permet de les "lire" sur une surface plane ou des
les détacher. Des images de "pubis rasé", "pénis circoncis",
"site.
Lisa
Murphy s'est d'abord intéressée à la cause des non-voyants
alors
qu'elle travaillait comme bénévole à l'Institut national canadien pour
les aveugles. A l'époque, elle adaptait des images
d'animaux destinées à
des ouvrages éducatifs pour enfants. Une expérience qui lui a donné les
aptitudes nécessaires pour se lancer dans l'imagerie érotique. Après
le premier essai, "les plus petits détails devaient être refaits, comme
un poignet, une cheville, une fesse ou une hanche pour les rendre plus
lisses. Ce sont des choses que je ne pouvais pas voir, mais que mon
relecteur aveugle sentait", raconte-t-elle....
"Lancement
d'un magazine pornographique pour les aveugles", titrait le Daily
Telegraph de Grande-Bretagne lundi. "De la pornographie qu'on peut
toucher", annonçait le lendemain le New York Daily News. "Je le
traîne dans les salons érotiques depuis deux ans. C'était un travail
d'amour et je n'ai jamais pensé en tirer de l'argent", fait remarquer
l'auteur...Plusieurs handicapés visuels qui ont testé le
produit
pour divers médias canadiens et américains ont estimé qu'ils n'était pas
excitant, mais intéressant. "Certaines personnes le trouvent
érotique, d'autres croient que c'est du grand fétichisme, et d'autres
encore appellent ça de la pornographie. Mais j'associe plutôt la
pornographie aux rapports sexuels. Pour moi, c'est un livre de nu",
conclut Mme Murphy.
Michel COMTE
(AFP) 17/04/2010
16/04/2010 :1355 : Eye jaf jöll(Lawrence) : Et tout le ciel fut peuplé d'une folle sarabande, d'un désordre immense de formes fuyantes, d'ombres, de fumées lumineuses et déchiquetées, entourées d'un halo brunâtre; la lune terrifiante, brillante, comme une lumière liquide reparut, un instant découverte, blessante aux yeux avant de replonger sous la protection des nuées.
David Herbert Lawrence, L'arc-en-ciel. Editions Gallimard/L'Imaginaire n°43. 1979, p.52. Traduction Albine Loisy.
15/04/2010 :1354 : Pouvoir de l'Ecrit(Reyes) : Cette nuit pendant mon sommeil a eu
lieu une cérémonie de l'Esprit. J'étais endormie mais très consciente
et je participais à la liturgie, j'entendais et prononçais les phrases,
les formules, les mots, faisais les gestes - tout cela était à la fois
vécu et écrit. Il s'agissait de me faire passer par un trou de et dans
la nouvelle lumière. C'était au milieu de la nuit, j'ai même ouvert les
yeux pour le savoir, cela a duré longtemps, cela s'est fait.Nous n'avons pas idée du pouvoir de
l'Esprit, parce que nous nous sommes dérobés au silence et au temps.Alina Reyes, Â mains nues 13/04/2010
13/04/2010 :1353 : Va & vient(EMDRShapiro) : En réalité, cela fait plus de vingt ans que cette thérapie en vogue a été découverte par une psychologue californienne, Francine Shapiro, qui en a pressenti les bénéfices lors d'une expérience personnelle. Contrariée et sujette à des pensées négatives alors qu'elle se promenait dans un parc de San Francisco, la jeune femme remarqua que ses sombres ruminations disparaissaient lorsque, de manière tout à fait spontanée, ses yeux faisaient des va-et-vient en diagonale, d'en bas à gauche vers en haut à droite.De plus en plus consciente du processus en le répétant sur elle-même, elle se mit à le soumettre à ses proches et à des étudiants: « En travaillant avec les soixante-dix premières personnes, je découvris qu'il me fallait inventer une procédure allant avec les mouvements d'yeux pour dissiper durablement l'anxiété.» Peu à peu, cette découverte personnelle tout à fait inattendue se transforma donc en un modèle clinique à élaborer, une aventure que la psychologue a racontée dans un livre passionnant traduit en français en 2005, Des yeux pour guérir (Seuil).
Pascale Senk, Le Figaro 06/04/2010
04/04/2010 :1352 : Dimanche de Pâques(AnthoveaulogySuel) : - Fouillant sa mémoire, elle se vit marcher entre deux rangées de tilleuls, lever les yeux vers des lampadaires en forme de phares. Elle vit les veaux que Christophe lui avait montrés par la fenêtre de l'autobus. (p.116)- Les mots couchés qui se lèvent devant mes yeux en tournant la page. (p.140)- Je n'ai pas été frappé dans la figure. Jamais. Elle deviendrait peut-être toute noire surtout le masque des yeux. (p.153)- Elle parle doucement ses yeux sont bleus, pas verts comme ceux qui me regardent dans le miroir.(p.153)- Il avait les yeux fermés mais ne pouvant s'empêcher de temps à autre de les ouvrir pour regarder l'heure à sa montre de poignet. (p.160)
- Le 17 avril 1949, jour de Pâques, Mauricette en vacances communia et pria pour sa mère dans l'église de Saint-Venant. (p.173)- Mauricette aurait bien voulu que passe une péniche pour voir briller les yeux du petit, mais c'était dimanche, et qui plus est, dimanche de Pâques; les mariniers ne travaillaient pas. (p.176)
Lucien Suel, La patience de Mauricette. Editions de La Table Ronde, 2009.
03/04/2010 :1351 : Pour vous sauver(Nabe) : - C'est une femme comme ça qu'il vous faudrait pour veiller sur vous, me dit le jeune homme, pour aller plus haut, pour vous sauver... Vous avez vu, elle a des yeux qui brillent plus que des étoiles. Sparkling eyes, comme on dit... (p.21)
- Je regarde, pas mal la fille, une blonde aux yeux verts. (p.42)- Après l'écriture de mon essai sur le christianisme, j'ai soudain eu des flocons de vitré si abondants que mon oeil a vu flou pendant des mois. (p.67)
- Le gros chien me regarde, les yeux pleins d'étoiles. (p.686= dernière phrase)
Marc-Édouard Nabe, L'homme qui arrêta d'écrire, 2010.
31/03/2010 :1350 : Didyme(Didyme) : Didyme surnommé l?Aveugle (313-398 ), un des chefs de l?École Catéchétique d?Alexandrie au IVe siècle prône une doctrine semblable à celle de l?apatheia. Dans son ouvrage Sur le Saint-Esprit, il décrit l?apatheia de l?âme juste qui consiste, non plus en indifférence absolue, mais en une tranquillité de l?âme qui n?a plus à redouter les passions.