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forum.gifCompte-rendus - Projet Daphné

Projet DAPHNE, rapport de la France
par Catherine Oelhoffen

La France a été le point de départ de ce projet DAPHNE (*).
En effet, après la création sur le plan national d’une commission des femmes au sein du conseil d’administration de notre Fédération et avec l’aide de cette même Fédération, en 2001, j’organisai à Bordeaux, le premier séminaire des femmes déficientes visuelles (première rencontre en province). Là, enfin, les femmes purent évoquer les problèmes qui leur tenaient vraiment à cœur et, en particulier, elles parlèrent de la violence dont elles sont souvent les victimes.
Ainsi, en accord avec les vœux exprimés à ce sujet par la commission de Liaison, madame Toros chef de projet et moi-même, nous mîmes sur pied une première enquête traitant de la violence. Ce premier questionnaire fut assez délicat à analyser car il était très complet, très détaillé et, vraisemblablement, parce que les femmes avaient beaucoup à dire…
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, nous sommes en mesure de vous livrer les résultats de ce questionnaire. Ils sont assez effrayants !

Des résultats effrayants

Trois cents documents furent envoyés, 81 revinrent complétés, soit, 27 %.
Cependant, il est important de mentionner que plusieurs femmes de ma connaissance m’ont affirmé ne pas pouvoir répondre tant le sujet était douloureux pour elles et d’autres également, redoutant que leur mari ne s’aperçoive de leur « trahison ».

Parmi ces 81 femmes, seulement 24 ont dit ne pas être concernées par la violence, soit un peu moins de 30 %, ce qui signifie qu'un peu plus de 70 % sont bel et bien concernées… Cela est énorme !

Parmi celles qui déclarent être concernées, toutes n’ont pas subi les mêmes agressions. Dans notre analyse, nous avons bien entendu distingué les différentes formes de violence : verbale, psychologique, physique et sexuelle.

Violence verbale
Quarante six femmes ont été victimes de violence verbale, soit 56 % mais, parmi ces 46 femmes, seulement six disent n’avoir subi que cette forme de violence, soit 7 %.
Les autres ont été confrontées à cette violence verbale plus une ou deux, voire trois, autres forme de violence.
Résultats comme suit :
15 : violence verbale plus psychologique ;
une: violence verbale plus physique ;
9 : verbale plus psychologique plus physique ;
3 : verbale plus psychologique plus sexuelle ;
une : verbale plus sexuelle ;
enfin, onze femmes disent avoir subi toutes les formes de violence réunies… 13 %.

Violence psychologique
Quarante quatre femmes ont été victimes de violence psychologique (plus de 54 %), parmi lesquelles six ont déclaré n’avoir subi que cette forme de violence.

Violence physique
Vingt deux femmes ont été victimes de violence physique, soit plus de 27 %. L’une d’entre elles a assuré avoir subi la violence physique seule, une affirmation qui nous semble assez étonnante car les coups sont rarement non accompagnés d’injures ou d'autres harcèlements…
Vingt-sept pour cent, c’est presque trois fois plus que la moyenne nationale relative aux femmes valides !

Violence sexuelle
Enfin, 15 femmes disent avoir été victimes de violence sexuelle : plus de 18 % !

La violence est donc une réalité !
Ces résultats quantitatifs sont vraiment révélateurs. Ils montrent à quel point les femmes déficientes visuelles sont vulnérables !
Maintenant, voyons plus en détail ces différentes formes de violence.

Violence verbale

Avant toute chose, afin que tout soit bien clair, il convient de préciser que les personnes ayant participé à cette enquête n’ont pas toujours répondu absolument à toutes les questions ; voilà pourquoi certains résultats pourront paraître curieux et non obligatoirement en accord avec le nombre de réponses reçues mais nous tenons, ici, à communiquer les informations très exactement telles qu’elles nous sont parvenues.

Ainsi, dans 67 % des cas, cette violence verbale s’est produite plusieurs fois : 31 sur les 46 femmes concernées.

Dans les lieux publics
Dans la majorité des cas (21), cette forme de violence survient dans la rue.
En avant-propos, précisons toutefois que, si d’aucuns pourraient avancer que les hommes aussi sont susceptibles d’être confrontés à de semblables situations, nous certifions que les femmes, plus vulnérables parce que « femmes », font l’objet de beaucoup plus de malveillance. L’homme, même handicapé, garde son avantage d’homme.
Exemples. Lorsqu’il leur arrive de heurter quelqu’un parce qu’elles ne voient pas, les femmes rencontrent souvent des réactions très agressives : insultes, injures, et même bousculades… Ou encore : moqueries à propos du handicap ou de la canne blanche, réflexions désobligeantes sur le chien-guide : « pauvre bête ! C’est un esclave ! » ou au contraire : « ce chien, il est sale, il est plein de puces, il prend toute la place ! » Autres commentaires : « quand on ne voit pas, on reste chez soi » ou bien « pousse toi de là tu me gênes » ou encore « vous ne pourriez pas regarder où vous allez ? »
Une femme explique : déjà un peu âgée, cela lui arrive souvent de tomber ; personne ne prête vraiment attention à elle : indifférence générale des passants…
Plusieurs parlent d’un refus catégorique pour les aider à traverser une rue ou au contraire de réactions agressives lorsque ce sont elles qui refusent l’aide qui leur est imposée.
Des femmes se plaignent d’avoir été verbalement agressées par leurs voisins, certaines, dans les magasins, par d’autres clients ou par les commerçants eux-mêmes ; au restaurant, deux se sont vu refuser l’entrée sous le seul prétexte qu’elles étaient aveugles !

Dans les transports
Plusieurs femmes disent avoir été agressées dans le métro, dans les bus, par les autres voyageurs à cause de leur maladresse, par les chauffeurs parce qu’elles ne sont pas assez rapides.
L’une d’entre elles, en particulier, a été prise à partie par une déséquilibrée, laquelle, la prenant soi-disant pour quelqu’un d’autre, l’accabla d’un chapelet d’injures. Ce cas est très intéressant car on peut se poser la question : compte-tenu du nombre de personnes présentes à ce moment-là dans la rame, pourquoi avoir justement choisi une femme aveugle ? Parce que, inconsciemment, cette personne malade a fort bien ressenti que c’était là la personne la plus vulnérable.

A l’hôpital
Deux femmes ont été verbalement agressées par les médecins eux-mêmes, quatre par les infirmiers, une par une sage-femme.
Plusieurs parlent d’un refus de donner des informations pratiques afin qu’elles puissent plus facilement trouver la sonnette ou les toilettes, savoir ce qu’elles avaient sur leur plateau repas, reconnaître la personne soignante, etc.

A l’école ou à l’université
Plusieurs femmes disent avoir été malmenées par leurs instituteurs ou leurs professeurs lorsqu’elles étaient étudiantes parce qu’elles ne pouvaient pas aller aussi vite qu’un étudiant ordinaire.

Dans la famille
Un quart des femmes concernées a subi une violence verbale de la part de leur mari, mais nombreuses sont celles qui l’ont subie de la part de leur père, mère, oncles, frères ou même sœurs lorsque celles-ci sont valides, enfants adolescents ou devenus adultes ; l’une d’entre elles a parlé d’une cousine dont elle était devenue le souffre-douleur.

Au travail
Dix femmes disent avoir été victimes de violence verbale sur leur lieu de travail : quatre, par leurs supérieurs hiérarchiques, cinq, par leurs collègues, la dernière n’a pas précisé.
Une remarque extraordinaire revient souvent au cours de cette enquête. Les femmes disent en effet : « c’est peut-être notre propre attitude qui est la cause de l’agressivité des autres »… Cela montre à quel point les femmes elles-mêmes se sentent coupables !

Violence psychologique

Souvent, violence verbale et violence psychologique sont très proches l’une de l’autre. La différence essentielle réside dans le fait que la violence psychologique se prolonge dans le temps. Ainsi, 25 femmes (plus de 50 % de celles qui sont concernées) précisent que cette violence a duré plusieurs années. L’autre caractéristique est que, puisqu’elle dure dans le temps, cette forme de violence est toujours exercée par des proches. Par les maris : 14 ; par les mères : 5 ; par les pères : 4. Les autres, frères et sœurs, oncles, neveux et nièces, belle-famille (surtout belle-mère), amis de la famille, un fils de 14 ans, enfants devenus adultes, etc.
Quoi qu’il en soit, cette violence peut néanmoins pareillement se rencontrer à peu près dans les mêmes sphères que la violence verbale.

Lieux publics, entourage
Des femmes disent être victimes de violence psychologique dans certains magasins où, malheureusement, elles sont quasiment obligées d’aller, compte-tenu des difficultés liées à leur handicap (distance, facilité d’accès, etc.). En particulier, dans certains supermarchés : refus systématique de la part des vendeurs de les aider à trouver les produits recherchés.
Une femme raconte comment l’un de ses voisins se moquait d’elle chaque fois qu’elle sortait pour jouer avec son chien-guide. Une seconde parle d’un concierge qui détériorait systématiquement tous ses colis, une troisième se plaint de ce que le gardien de l’immeuble subtilisait tout son courrier, une quatrième explique comment les garnements de son quartier faisaient exprès du vacarme sous ses fenêtres chaque fois qu’elle tentait de jouer du piano.
Une maman divorcée, non-voyante, Murielle, qui vivait avec ses deux filles, a été mise en cause par les services sociaux. Ils accusaient Murielle (tout à fait à tort, la preuve en fut faite ultérieurement) d’avoir une influence néfaste sur sa fille aînée, Virginie, âgée de 17 ans et demi. Virginie avait manqué l’école parce que physiquement malade mais le juge (une femme !) considéra que Virginie souffrait psychologiquement à cause de sa mère : une aveugle et, qui plus est, une femme divorcée ! Virginie fut donc confiée aux bons soins d’une équipe éducative mais la mesure heureusement prit rapidement fin puisque la jeune fille parvint à sa majorité… Toutefois, on laissa entendre à Murielle que, si pour Virginie elle ne risquait plus rien, il y avait encore Isabelle !… Isabelle, elle, n’avait que 11 ans, alors…
Cette affaire fut un réel scandale ! Un scandale que nous avons essayé de dénoncer, un scandale pour lequel une pétition a circulé sur Internet, mais un scandale contre lequel nous n’avons eu aucun effet !

Transports
Un chauffeur d’une compagnie de transports adaptés qui raccompagnait régulièrement sa cliente aveugle avait pris l’habitude de lui dire des insanités.
Un autre, d’une compagnie de taxi a pris beaucoup de plaisir à déposer sa cliente aveugle bien loin de l’adresse indiquée : elle était complètement perdue.

Hôpitaux ou centres d’accueil
Plusieurs femmes parlent de la « grande indifférence » du personnel hospitalier, voire d’une réelle froideur. L’une d’entre elles dont le bébé était hospitalisé assure qu’elle a été psychologiquement agressée par un jeune interne.
Une femme dit combien elle a souffert lors d’un stage de réadaptation dans un centre spécialisé : sans cesse dévalorisée, humiliée, elle était la « tête de turc » d’un éducateur.

Dans la famille
Les femmes évoquent toujours les mêmes phrases désobligeantes qui reviennent : « tu ne peux pas aller là, tu n’es pas capable de, tu es mal coiffée, tu t’es encore tachée, etc. » ; insultes répétées, dévalorisation, discrimination (s'il y a un frère et de surcroît si ce frère est valide), humiliations, diffamation. Une femme relate : ayant reçu de ses parents un héritage légèrement plus important que celui de son frère (les parents ont probablement souhaité protéger leur fille handicapée), elle s'est vue accusée par toute sa famille de détournement et de vol, traînée devant les tribunaux, discréditée par tout son entourage. Elle tomba en dépression.

Violence physique

Onze femmes ont subi cette violence plusieurs fois, cinq disent l’avoir subie au moins une fois, les dernières n’ont pas précisé.
Tout comme la violence psychologique, la violence physique est principalement exercée par les proches de la victime. Par les pères : 6 ; par les mères : 5 ; par les maris : 6 et, comme toujours, par d’autres membres de la famille, par les frères ou les sœurs, les voisins, les collègues de travail, etc.
Mais, encore quelque chose de très étonnant : pour cette forme de violence comme pour la violence sexuelle, les femmes se montrent beaucoup plus discrètes que dans les cas de violence verbale ou psychologique, elles sont beaucoup plus avares d’informations, comme si elles avaient honte de donner des détails… Une pudeur qui montre encore combien elles culpabilisent: « c’est peut-être de ma faute ! Je n’ai que ce que je mérite ! »
Néanmoins, si cette violence se produit le plus souvent à la maison, à l’abri des regards indiscrets, elle survient aussi et toujours dans les mêmes aires que toutes les autres : à l’école, dans les institutions, au travail, etc.
Ainsi, dans la rue, coups d’épaule ou bousculades sont monnaie courante. Une non-voyante a été attaquée par un voyou qui lui a dérobé son collier, deux autres, au sortir de la poste d’où elles venaient de retirer de l’argent.

Violence sexuelle

Quatre femmes disent avoir été « souvent » sexuellement abusées, deux parlent de « plusieurs fois », deux autres disent avoir été sexuellement agressées au moins une fois, les sept dernières n’ont pas précisé.
Trois femmes ont été violées par leur père lorsqu’elles étaient enfants, quatre par leur mari, les autres par : oncles, voisins, amis et même prêtres ! Une femme raconte comment, ayant pris un taxi en Espagne pour se rendre chez une amie, le chauffeur, après l’avoir conduite dans un lieu inconnu, a tenté de la violer ; toutefois, précise-t-elle, l’histoire s’est bien terminée…
L’une des femmes interrogées explique que, dans la rue, elle a été kidnappée, emmenée dans une maison inconnue, séquestrée durant plusieurs jours, battue et violée, le tout avec la complicité de l’épouse de son bourreau ! Elle n’a dû son salut qu’à l’intervention d’un voisin alerté par ses cris. Une seconde raconte que, enfant, elle avait été confiée à un ami de la famille pour les vacances ; naturellement, elle fut abusée. Une troisième dit avoir été violée dans un train, une quatrième, lorsqu’elle allait à l’école, une cinquième dans un centre de réadaptation par un autre pensionnaire.
L’une de ces femmes, aujourd’hui, écrit un livre pour raconter son histoire.
Pourtant, le sujet semble si brûlant, si difficile à aborder que, pudiquement, les femmes concernées s’expriment en termes vagues : harcèlement, abus, attouchements, mais ne donnent pas de plus amples détails de ces agressions.

Les conséquences de la violence

Au total, parmi toutes celles qui ont subi l’une ou l’autre forme de violence, 27 femmes affirment avoir souffert de troubles psychologiques graves : dépressions (15), cauchemars (12), perte de confiance (13), obsessions, phobies. L’une d’entre elles parle d’une telle perte de confiance qu’elle en éprouvait des besoins compulsifs de nourriture : la prise de poids entraînant encore un plus grand mépris de soi. D’autres parlent de pulsions de suicide ou, au contraire, de leur frayeur face à un désir irrésistible de meurtre : tuer l’agresseur !
Mais la violence physique ne laisse pas seulement que des traces mentales ! Ecchymoses, hématomes, fractures, l’une d’entre elles parle même d’un décollement de rétine suite à des coups de poing !

Douze femmes ont eu la possibilité de faire constater cette violence mais douze autres n’ont strictement rien pu faire, les dernières n’ont pas précisé.
Quatre d’entre elles ont pu engager une action en justice mais les huit autres, bien qu’ayant fait constater les faits, n’ont pas eu la possibilité d’aller plus loin.
Vingts femmes ont pu parler de leur souffrance à quelqu’un. Parmi celles-là : douze en ont parlé à un membre de la famille, seize en ont parlé à un ami, seize encore (probablement les mêmes) à un professionnel de santé, quatre à une association, une à un prêtre, une enfin, assure en avoir parlé mais personne n’a pris ses dires au sérieux.
En dépit de telles constatations, aujourd’hui encore, dans la majorité des cas, la violence est toujours présente ! Pourquoi ? Parce que c’est la loi du silence qui règne !
Mais pourquoi les femmes ne veulent-elles pas parler de ce qu’elles subissent ainsi ?
Parce qu’elles craignent d’être déconsidérées (deux l’ont exprimé), parce qu’elles ont peur des représailles (deux l’ont affirmé), parce qu’elles ont honte (trois ont évoqué ce manque d’estime de soi). Mais nombreuses sont celles qui n’ont pas répondu à cette question et cinq ont clairement fait savoir que, résolument, elles ne voulaient à aucun prix parler de leur problème avec quiconque… On peut donc voir combien ce sujet reste tabou !
Cependant, trois des femmes qui n’ont encore pu à ce jour partager leur souffrance aimerait pouvoir le faire : une à un psychologue, deux à une association. Huit femmes demandent carrément à être aidées maintenant, soit par un professionnel de santé, soit par un homme de loi, soit par une association ; cinq souhaiteraient être prises en charge par une cellule de soutien ; une dernière implore même protection ! Mais que peut-on faire ?

Fort heureusement, pour 19 d’entre elles, cette violence aujourd’hui a cessé. Par suite d’une séparation : 15 ; d’un traitement médical suivi par le mari violent : deux ; et même, dans un cas, par l’arrestation et l’emprisonnement du coupable.
Ces chiffres signifient malheureusement que, pour bien des femmes ayant répondu, cette violence existe toujours.

De cette enquête il ressort encore un autre fait troublant : 37 femmes déficientes visuelles disent souhaiter la création de groupes de soutien mais, à l’exception des groupes de parole animés par Mme Maudy Piot à Paris et auxquels un petit nombre de personnes assiste régulièrement, lorsque l’on propose de participer à quelque groupe de rencontres, personne (ou presque) ne vient !
A la question : "souhaiteriez-vous que notre réseau des femmes mette sur pied une cellule de soutien ?", 22 répondent oui, 16, non.
A la question : "si vous avez réussi à surmonter ce problème de violence voudriez-vous aider d’autres femmes ?" 21 répondent oui, 11, non.
Enfin, à la dernière question : "voudriez-vous vous-même être un membre de cette cellule de soutien ?" 21 acceptent cette idée et 25 seraient d’accord pour venir à Paris afin de la mettre sur pied. Vingt-trois accepteraient même de répondre au téléphone pour aider d’autres femmes.

La violence n'épargne aucun milieu

En conclusion, en dépit du peu de succès que connaissent les groupes de parole (peut-être n’est-ce pas là la solution souhaitée), plus que jamais je suis convaincue que nous devons continuer à agir ; mais il nous reste à déterminer comment.

Pour terminer ce tour d’horizon (il y aurait encore beaucoup à dire à propos de cette enquête), jetons un coup d’œil aux différents niveaux socioculturels des femmes concernées par la violence. Parmi celles-ci (56 sur les 81 ayant participé), 15 ont suivi des études primaires (soit un peu plus de 25 %), 25 ont suivi un cursus secondaire (soit presque la moitié), et 13 ont suivi des études universitaires (soit presque un quart !) ; trois n’ont pas répondu.
Comme on peut le voir, les femmes concernées par ce phénomène sont d’un niveau relativement élevé. Mais on le sait, la violence n’épargne aucun milieu…
Vingt-huit ont eu une formation professionnelle (soit juste 50 %) et 17 ont un emploi : deux secrétaires, un agent administratif, un ingénieur, une femme kinésithérapeute, une institutrice, deux standardistes, un travailleur indépendant, deux agents de bureau, une ouvrière d’usine, une artiste lyrique, deux conseillères clientèle, un juriste (une n’a pas précisé).
Concernant les âges : entre 20 et 30 ans : une ; entre 30 et 40 : 9 ; entre 40 et 50 : 13 ; entre 50 et 60 : 15 ; entre 60 et 70 : 3 ; entre 70 et 75 : 6 ! Les autres n’ont pas précisé.

On peut donc en conclure que la violence n’épargne aucune couche de la société, aucune tranche d'âge, aucun niveau socioculturel. Même les personnes âgées ne font pas exception!
Il aurait été sûrement très intéressant et sans doute révélateur de procéder à une analyse sociologique : comparer les âges et les milieux avec le type de violence subi mais j’ai bien peur qu’un tel travail ne soit bien trop long pour le temps qui m’est imparti ici, à Athènes, pour ce second séminaire DAPHNE…
Je terminerais donc en affirmant que les femmes déficientes visuelles souffrent d’un double handicap : tout d’abord, en premier lieu, elles sont femmes et, de plus, en second lieu, elles sont handicapées ; en dépit d’un niveau d’éducation relativement élevé, en dépit du fait d’exercer un métier, en dépit de l’âge, elles sont toujours victimes de violence. La violence est toujours là !
Voilà donc pourquoi les ateliers d’autodéfense connaissent un tel succès ! Les femmes qui y ont assisté veulent se protéger, elles sont déterminées à se prendre en main.
Ainsi, toujours dans le cadre de ce projet DAPHNE, trois stages ont été organisés. Le premier, le 22 septembre à Nîmes, le second, le 6 décembre à Paris, un troisième à nouveau à Nîmes, le 15 décembre et, désormais, d’autres rencontres sont en train de se mettre en place ici et là car, unanimement, toutes celles qui ont participé sont bien décidées à continuer l’année prochaine.

DAPHNE, une affaire à suivre !

* http://www.ebudaphne.org


Date de création : 20/01/2004 @ 23:23
Dernière modification : 21/01/2004 @ 00:39
Catégorie : Compte-rendus
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